"Il est de regrettable établie jurisprudence Que les hommes aient choisi pour égérie...prudence"

"Il est de regrettable établie jurisprudence
Que les hommes aient choisi pour égérie...prudence"

"Il faut des faiblesses pour être fort..."

lundi 25 juillet 2016

À Vide de Toi


Je ressemble à ce métro vide,
Vide des vies qu’il a transportées,
Que le cours de la vie vient d’emporter,
Qui l’ont fui d’un pas rapide.

Comme lui, rempli du vide,
Du son de ta voix qui s’est éteint,
De nos regards croisés mutins,
De nos transports avides.

Je rentre à vide.

Je ressemble à ce métro vide,
Vide des vies qu’il a transportées,
Que le cours de la vie vient d’emporter,
Qui l’ont fui d’un pas rapide.

Qui regagne son sombre abri
En un convoi ténébreux,
En cahotant bien un peu
Et las vers la porte d’Issy.

Si creux sans toi.

Je ressemble à ce métro vide,
Vide des vies qu’il a transportées,
Que le cours de la vie vient d’emporter,
Qui l’ont fui d’un pas rapide.

Je sais trop bien que, comme lui,
Puisque s’ombre ta lumière
Je vais aimer, douce-amère,
Cette tiède nuit
Et la torpeur du dépôt,
Echoué en un lourd repos.


Je ressemble à ce métro vide

dimanche 17 juillet 2016

Lubrique Nécrologique


Le regard lubrique et l’esprit logique
Je lis la rubrique nécrologique.
Posément, dans l’ordre chronologique,
Cyniquement, je fais mon p’tit trafic.

En lisant le journal je suis obsédé
Par ces puissants, ces riches qui sont décédés.
Car s’il emporte au champ d’horreur
Toutes ses médailles et son bel honneur,
Qu’il soit feu président perpétuel,
Pair inamovible ou même Immortel,
Enterré au Père-Lachaise
Tout homme perd sa chaise !

La nature dit-on, a horreur du vide
Ce qui va avec ma nature avide.
Moi qui sait qu’au dernier convoi rentré
Se libère une place convoitée.
Quand elles sont fortunées, leurs veuves
Éplorées, infortunées,  m’émeuvent
Et leur belle pension de réversion
Fait l’objet de toutes mes attentions !

A rien ne sert de se voiler la face,
Il nous faut un jour, céder la place,
Sans résistance et sans secousse
C’est juste qu’en bas les jeunes poussent.
Oui, depuis l’origine, les générations
Jouent le jeu d’la régénération
Et les pyramides des âges
Épousent la forme d’un sarcophage !

Le regard lubrique et l’esprit logique

Quelqu’un lira (…) ma rubrique nécrologique ! 


lundi 11 juillet 2016

Parfum de Flammes



Odeur…

Fade de la station d’épuration
Acre des usines d’incinération
Moisie de lapalissade cramoisie
Rouillée du fer des vieux grillages,
Transpirante des jardins ouvriers.

Odeur…

Du goudron fondu au soleil
Du gasoil des voitures crissantes
Du ballast chaud des attentes d’été
Des buissons chétifs et peu ardents
Et des lys rebelles, et sauvageons.

Odeurs…

De mauvaise herbe…
De mauvaise graine…
De chienlit vivace…
D’herbe-aux-perdus…
Des paniers à salade…
Des lance-roquette !

Ce sont les odeurs de ma banlieue,
Comme un parfum de flamme…

dimanche 3 juillet 2016

Galaxies Terrestres



Voyageur de la nuit, de ville en ville j’erre,
Galaxies de lumière aux bras tentaculaires
Magnanimes en magnitude lancée dans l’air
Où la surbrillance en vifs noyaux s’agglomère.

Ces villes-lumières me semblent être en fusion,
Qui progressivement s’étalent aux environs
Telles un magma ardent de braises rougeoyantes
Rejoignant même un jour la ville adjacente.

Feux rouges s’épanchant ou blancs qui se malaxent,
Leurs routes à l’approche dessinent de grands axes
Nimbées de halos qui troublent la parallaxe.

Lueurs horizontales de leurs beaux quartiers
Alignées comme il faut, sages et coordonnées,
Éclairant la pierre meulière halogénée.

Verticales sont celles de leurs grands ensembles
Aux péri-fééries qui à rien ne ressemblent,
Disparates en teinte et n’allant jamais ensemble.

Dans la nuit profonde feux et foyers y brillent
Et de loin dans l’air chaud je les vois qui scintillent
Comme blanche neige qui tombe sur ces villes.

Oui, leur lumière rend visible la noirceur,
Ainsi que leur moiteur sensible la fraîcheur
De nos sombres forêts dont la masse fait peur,
Pour un temps oubliées des maires et promoteurs.

Pareilles à des trous noirs, toutes de gravité,
A tous les transfuges rejets de ces cités,
A tous ceux que la ville a pris en cécité

Elles offrent refuge, en leur douce obscurité.