"Il est de regrettable établie jurisprudence Que les hommes aient choisi pour égérie...prudence"

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Que les hommes aient choisi pour égérie...prudence"

"Il faut des faiblesses pour être fort..."

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Le Manège de la Vie Le Clip !

lundi 29 septembre 2014

Parabole des paraboles

D’une rive l’autre en mer Méditerranée
Sur les grands immeubles se voient des paraboles
Qui sont la moderne mais courte parabole
De l’entrechoc de deux mondes mis nez-à-nez.

Côté nord, sur nos tours, jusques en nos villages,
Elles sont vers l’Orient toutes en tôle orientées
En lien invisible à des origines ôtées,
Retour orient-express au pays, en images.


Cependant que là-bas, en leurs blanches maisons,
Concaves et creusées comme pour une obole,
Malgré ce que laissa l’Histoire en vitriol
De notre vie rêvée, elles offrent une illusion.


Et se croisent leurs ondes, modulantes
Par-dessus l’eau amère et ondulante.



mardi 23 septembre 2014

Maîtres-étalons

 
En une autre époque, les noirs instituteurs,
Lorsque nous grandissions furent nos premiers tuteurs,
Maîtres-étalons réglant l’orée de notre vie,
Modèles incontestés quand nous étions petits.
 
Donnant une table aux matières comme appât,
Aux études primaires un grand certificat,
Ils inscrivaient l’honneur sur un tableau bien gris
Et décernaient même pour l’amitié un prix !

Professeurs de leçons de choses, d’une vie
Qu’ils ne connaissaient bien qu’au travers des écrits
Ils œuvraient à classer en classe le vivant,
Fort catégoriques et tout catégorisant !
 
Ainsi, ils révélaient déjà et non sans mal
Qu’à l’instar des règles faites d’un dur métal
Dont la vue menaçait les ânes irréductibles
La règle des choses irait à vie, in-fle-xi-ble !
 
Quand plus tard l’on pense à ce passé dérisoire,
Même vains, leurs efforts nous semblent méritoires
Lorsqu’après eux, la vie nous donne une leçon,
Si bien qu’on n’y pense jamais sans émotion.

lundi 15 septembre 2014

Opaques cités



Qu’est ce qui se murmure
Derrière ces murs ?



Qui s’évoque d’équivoque
Dans ces alcôves ?



Que vois-tu si tu pénètres
En ces fenêtres ?



Quel drame se trame
Dans ce crâne ?



Qu’est ce qui sans fin rumine
Dans ces ruines ?



Qu’est ce qui t’isole
Dans ce sous-sol ?



Qu’est ce qui a grogné
Dans ce grenier ?



Qui vaque
Dans sa cave ?



Tel un mythe,
L’intime,
Cette limite
Même insipide,

Intimide.
 

lundi 8 septembre 2014

De Profundis (Ô, mer, appareillons)




Qui a bien pu dire que poussière nous serions
Et grains de poussière nous redeviendrions ?
Car d’eau nous sommes faits ! Et eau redevenons !
C’est le cycle, la roue de l’eau, où tous tournons
Et lorsqu’on monte au ciel, dit-on, après la mort
C’est dans un nuage…puisque tout s’évapore.

Un jour, quand tombent en pluie les trépassés, la mer
En boit les molécules en ses gouffres amers
Où sa forte pression, réputée si terrible
Les recombine, puis les rend atomes libres
Dans le sein froid de ses profondeurs insondables
Où éternellement leur ennui sera calme.


Un jour, cette eau salée, comme autrefois leurs larmes,
Débordante de gouttes et d’un vain vague à l’âme,
Revient, ressurgissant comme en résurrection
Sur la rive des terres où était leur maison,
Qu’elle vient caresser en incessant ressac
Sous la lueur pâle aux lunes mélancoliques.


Ou, tempétueuse, une lame s’élance !
Main de mer houleuse, peut-être en souvenance
Du quotidien de leur humanité grouillante,
De feu la violence, et des guerres sanglantes,
Violemment s’en revient ! En frappant la jetée
Avant d’être encore (…) et toujours rejetée.


Souviens-t-en, voyageur qui navigues au soleil
Dans l’azur triomphant aux lumières vermeilles,


Ou toi, qui contemples ce ciel serein d’été
En voyant ces nuages aux formes tourmentées.


mardi 2 septembre 2014

Il faut bien etre lorsque l'on a Ete

Il faut bien être lorsque l’on a Été


Froide et grise la pluie de Septembre
Sur les durs trottoirs, drue tombe en trombes
D’un seul coup, percussion trépidante,
Dégrisante à l’âme, et détrempante.

Sur les pavés qui cachent la plage, l’eau rince
Les restes gras de feu notre été d’artifices.
Réunies, les gouttes se joignent en le ruisseau
Des belles jours passées, qui coulent au caniveau.

Encastrés aux rivets de leurs carrosseries
Les êtres ont en tête la vague rêverie
Des vagues, dont déjà s’atténue le couplet,
Quand leurs corps dérivaient, loin de tous les complets.

Partie la nonchalante douceur
Et la nue liberté de nos corps !
Virevoltant vient le vent au nord,
Des vies rêvées rodant érodeur !