"Il est de regrettable établie jurisprudence Que les hommes aient choisi pour égérie...prudence"

"Il est de regrettable établie jurisprudence
Que les hommes aient choisi pour égérie...prudence"

"Il faut des faiblesses pour être fort..."

SOS en SMS Le Clip !

Le Manège de la Vie Le Clip !

lundi 29 décembre 2014

Rebut de siècle ?


Ce début de siècle sans grand événement
En rien ne ressemble à tous les précédents.

Où est le fol espoir du début du vingtième
Quand s’envolait l’Homme, libre de toute entrave ?
L’envie politique du siècle dix-neuvième
Lorsque la Liberté jaillirait comme lave ?

Prématurément donc il prend l’air fatigué
De ces fins de siècle qu’on voit désabusées.

On dit la Terre usée, certes je vous l’accorde,
Fatiguée de tourner, où tout n’est que discorde,
Doit-on s’excuser d’exister ? Où est la corde ?

Toutes ces misères me font baisser les bras
Et j’ai fort à faire, avec mes embarras !
Leur poids exigerait la force d’un Atlas
Que jamais je n’ai eue à moi tout seul, hélas !

[Mais des griffes d’un chat j’ai sauvé un moineau
Dont le coeur faiblissait et battait à vau-l'eau]


lundi 22 décembre 2014

Pour les cloches sonne le glas


Appel à la messe par monotones croches,
Mais quand les dimanches ils ne vont pas travailler,

Dans l’air du dimanche matin sonnent les cloches,
S’assomment les Hommes en télés réalités

Bruit à peine audible qui rentre en résonance,
Ou au supermarché, en les temples consomment

Spirituelle invite à nous ressouvenance.
Et leurs plus beaux envols s’y perdent et s’y consument.

lundi 15 décembre 2014

Immigrés en Destin


Tous les jours ces immigrés sont en place,
Qui forment des groupes épars sur la place,
Qui échangent un mot de temps en temps,
Le sourire aux lèvres toujours présent.

Regardent dans la ville étourdissante,
Toujours empressée et assourdissante,
Passer, repasser passants et voitures,
Laissés de côté contre la bordure
En lisière du rythme d’une vie
Dont ces vieux ne font plus guère partie.

Qui sont venus bâtir nos grands ensembles
Où en masse on les a parqués ensemble,
Qui firent la fierté de la nation,
Symboles un temps de modernisation.

Que d'autres aujourd'hui cassent à la masse
Pour faire table rase en leurs décombres
D’un passé colonial qui les encombre,
De problèmes sociaux qui les dépassent.


Et quand bien même leur banlieue est laide
Jamais ils ne retourneront au bled
Mais c’est sans doute bien mieux car Là-bas
L’ancien pays a changé à tout va,
S’y rendre les avait tant dérangés
Lorsqu’ils s’y étaient sentis é-tran-gers.

Et ils préfèrent ne s'en souvenir
Qu’au travers de leurs jeunes souvenirs,
Se réchauffant à son soleil brûlant,
Et se parlant entre eux du temps d'avant
Et puis se le représenter surtout,
Un point [dans le ciel bleu], et voilà tout.

Et grandissent ici leurs petits-enfants
Dont ils ne veulent pas perdre un instant,
Rattraper le temps des épuisements
Quand pour leurs fils ils n’étaient pas présents.

Dont ils ne comprenaient pas la violence,
Eux qui acceptaient tout, et en silence,
Désespérés, ne sachant être pères,
Désemparés, privés de tout repère.

Mais aujourd'hui, cela est du passé,
Ce qui arriva devait arriver,
Même jusqu’au plus violent des orages,
Au fond d'eux il n'y a plus guère de rage.

Il peut s’ébattre le ballet des bus !
Alentour d'eux, figés dans leur rictus,
Immobiles, comme sont des points fixes,
En paroles Hommes bien peu prolixes.

Qui sont venus bâtir nos grands ensembles
Où en masse on les a parqués ensemble,
Qui faisaient la fierté de la nation,
Symboles un temps de modernisation.



lundi 8 décembre 2014

Mineur de Front


En ligne de mire quand j’ai rimes, et lignes,
Soulevant en passant des poussières malignes,
Alors, profond je vais, la lumière à mon front,
Descendre en mon esprit, comme un mineur de fond.

Piochant à l’aveugle et cherchant la riche veine
Dans mes noirs souvenirs, avec un peu de veine
J'arrive à extraire quelques idées exsangues
Qu'encor je dégrossis de leur grossière gangue.

Je les étaye tant bien que mal, effrontément
Pour éviter (coup de grisou !) l’effondrement
Des châteaux de cartes de ces pensées fugaces
Et sur place pesant leurs mots à la balance.


Puis, ce brut matériau je le monte à l’air libre
Dans la lumière crue où vaguement il vibre,
Ciselées puis polies je rends alors brillantes
Ses toutes multiples et abstraites facettes.

Ces réflexions ne sont pas un quelconque strass
Aux lueurs furtives, ces parures du stress
Mais l’ardue matière, authentique et fossile
Qui ne fut jamais de ma pensée le faux cil.

Tout en n’oubliant pas que le plus pur diamant
N’est que du carbone, qui dégage en brûlant
De la chaleur, certes mais de noires fumées,
Toujours anxiogènes et peu oxygénées !


lundi 1 décembre 2014

Incarcération de l'Incarnation


Prisonnière de mes cellules
Qui l’encerclent avec leurs bulles,
Mon âme à vie est enfermée.
Elle y a pris perpétuité
Sans avoir été condamnée,
En corps serrée, comme damnée.

Recluse en incarcération,
Les os de mon incarnation
Sont pour elle de durs barreaux
Et elle se tient à carreau
Dedans la cage thoracique
Qui toujours lui coupe la chique.

Nul ne peut saisir le Pourquoi
Du fait qu’elle hante cet antre
Et ce corps-ci, plutôt qu'un autre ?

Ni, derrière ce mur de chair,
Quelle est la faute originaire
Qui a pu la conduire là ?

Mais, close en ces quartiers d'haute-sécurité
Elle est par ton parloir très souvent visitée,
Et la veillent tes yeux, miradors adorés,
Qui lui sont comme anges, gardiens de sa prison.

Et puis, et puis, de jour, de nuit, pour s’en aller
De la tête entourée de sa barbe et halée,
Les rêves autorisent une grande évasion,
Loin de cette maison, loin de toute raison.



lundi 24 novembre 2014

Diversification


Depuis que les Hommes ont quitté le paradis,
Qu’ils se retrouvent las, tout au fond d’un noir puits
Des vers en leur tête errent comme dans un fruit.

Oui, cette humanité qui flirte avec l’abîme,
Ne trouva pas de voie meilleure que la rime
Pour mieux se lamenter et crier à ses dieux,
Larmoyante, pourquoi êtes-vous si odieux !?



De l’intérieur depuis, ces vers pour solitaires
Rongent et travaillent beaucoup d’imaginaires.

L’Alexandrin-[le-grand !] ainsi conquît le monde
Juste avec douze pieds attroupés à la ronde !
L’hémistiche colle une postiche à deux vers,
Les blanches césures en révèlent les fêlures !
La douce assonance et les allitérations
Rentrent en résonance et exaspèrent les sons !
La diérèse ajoute une syllabe en métrique
Comme fait le dièse pour le ton en musique !
Et les enjambements sont un passage à gué
Qui permet de sauter d’un vers l’autre à son gré !

Tout ce monde coule en la pointe des stylos,
Elles qui, en montant vers leur première ligne
Brisent en un grand éclat ces lignes Maginot 
Qui sans cesse encerclent l'imaginaire insigne. 

lundi 17 novembre 2014

Confronté aux frontières


Même si les frontières
Dit-on sont dépassées,
Passer une frontière
Résultant du passé
Nourrit l’imaginaire,
Instant particulier.

Tous les sens aux aguets
Au passage du gué
On veut apercevoir,
Oui, on s’attend à voir,
Pourquoi donc son tracé
Est là, pas à côté ?

Pourquoi, entre Nations
Êtres en démarcation ?
Si vérité en deçà
Est mensonge au-delà ?

Mais pourtant, rien n’arrive !
Quand même l’autre rive
Semble toute aussi grise…
Tout s’homogéinise !

Ni visas à viser
Ni visus avisées,
Ni gardes, ni barrières,
Plus de « Halte ! » altières.

Plus rien à déclarer
Aux sévères douaniers,
Plus d’odes à déclamer
Comme aimait l’Empereur !

Plus de contes hantés
De terres convoitées
Et disparue la peur
De l’illégalité !

L’esprit se dé-douane alors
Et s’exonère notre corps
Grâce à l’achat d’alcools rances
Et au plein qu’on y fait d’essence.

Car seule la fiscalité
Est d’elles ce qui est resté.
C’est la dernière référence

Des frontières et des différences.

mardi 11 novembre 2014

(P)Rose du désert


Une vie semblable aux lignes en traits pointillés,
Allant de grands vides où l’envie s’en est allée
Aux instants intenses où tu débordes de force,
Épousant la forme que prend le code Morse.



Quand les alizés d’hier, qui gonflaient ta voile
Et loin te transportaient, soudain mettent les voiles,
Te laissant assoiffé et privé d’eau potable,
Coi et prostré,  Homme en attente interminable,
Seul, à ronger ton frein sans voir ni port, ni but
Et le cuir même au frein, comme atteint du scorbut.


Pareil à cette rose en le désert aride
Qui du beau temps lasse, prie la pluie, même acide !
Et dans l’intervalle n’a guère d’existence,
Offrant le spectacle de son intermittence.